SAVE THE DATE : « Dark Stories » de Jean Raymond HIEBLER

23 août 2012 par Nelly

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A l’aire du story-telling, raconter une histoire et savoir la mettre en scène est un aspect essentiel de la communication. Il est de mise d’utiliser de nombreuses références et de les représenter par des éléments tirés à la source. Dans notre société en pleine mutation, nous restons plus que jamais attachés et fascinés par des sentiments archaïques: l’amour, la passion, la folie, l’érotisme, le crime ; et  quand les émotions engendrent des situations, leur mise en scène a, entre autre, vocation de nous permettre de nous évader de notre quotidien.

Sur ce plan, le photographe auteur Jean R. HIEBLER, avec le projet « Série Sombre », nous donne une leçon de scénographie en effectuant un énorme travail d’investigation pour construire ses images. Il voyage dans le temps, à la frontière entre fiction et réalité, reconstituant, à volonté, avec une précision déconcertante, les nombreuses scènes inspirées de faits divers, d’œuvres littéraires ou cinématographiques ayant marqué les annales des 30 glorieuses, avec une concentration pour la période de l’après deuxième guerre mondiale.

A ce jour, Chasseurs d’influences a le plaisir de vous présenter, en exclusivité, une sélection des photos de « Série sombre » qui n’ont encore jamais étés montrées au public , sous le thème :

 « DARK  STORIES » de Jean R. HIEBLER

Du 13 septembre au 13 novembre 2012 
dans les vitrines de l’agence : 21 rue Terme – 69001 Lyon

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« Massacre à l’italienne » – JR Hiebler

Jean R. HIEBLER

Tél. 04 78 69 85 70 – www.facebook.com/yildiz.foto

Après un cursus en Histoire de l’Art (Université de Bourgogne), Jean R. HIEBLER (JHR) a voyagé dans diverses contrées et a pratiqué divers métiers, parfois liés aux arts graphiques (Compositeurs typographe, peintre en lettres, préparateur de couleurs), parfois non  (barman, cuisinier, fripier, professeur de travail manuel).

La passion pour la photographie lui vient très jeune. Il réalise ses premiers clichés à l’âge de treize ans avec pour sujet de prédilection, les épaves de véhicules anciens et les casses automobiles. Puis, sa passion s’intensifie et se développe au travers de différentes séries en lien avec ses différents lieux de résidence : l’architecture éclectique fin XIX° à Nice, la marine marchande (Cargos, équipages) à La Seyne sur mer, Gênes, Marseille, Istanbul, Le Havre, Hambourg, les taxis collectifs d’Istanbul…

Aujour d’hui, « Série sombre » duquel sont tirées l’exposition « Dark Stories », est en fait un projet éditorial en cours de réalisation qui devrait se poursuivre pendant encore un an. Ce « work in progress » consiste à produire 50 images, et les soumettre à des auteurs de littérature policière afin qu’ils écrivent une « page arrachée » du « polard » dont elle pourrait être issue.

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« Milano Centrale » – JR Hiebler

Les images de la Série Sombre sont réalisées en argentique noir et blanc à l’aide de vieux boitiers Nikon. Les photos sont traitées après tirage à l’aide de virages chimiques (Sepia, cuivre, or). Les éclairages sont en lumière continue et sont réalisés à l’aide de matériels cinéma anciens. Les costumes et les accessoires utilisés dans les photos sont authentiques.

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« Brenda F. » – JR Hiebler

JHR, quelles sont tes inspirations ?

« Si la Série Sombre, dans les histoires qu’elle met en scène, tire plus son inspiration de faits divers anciens, d’évènements historiques, ou se réfère à des œuvres littéraires plus qu’aux classiques du cinéma du genre dit « policier », son esthétique se revendique de celle en usage dans le « film noir » américain des années qui suivirent immédiatement la fin de guerre.

Le film noir américain, d’un point de vue stylistique, d’une part s’écartait ouvertement des normes en vigueur dans la production hollywoodienne de la fin des années quarante pour ce qui concernait l’usage des éclairages et d’autre part se référait à des films antérieurs plus souvent européens qu’américains.

Il possédait donc une esthétique propre, à base de cadrages audacieux, de lumières contrastées et d’une prédominance de l’ombre sur la clarté qu’il tirait en grande partie du travail de techniciens issus du cinéma expressionniste allemand de l’époque de la république de Weimar.

Cet écart, par rapport à la production filmique américaine « mainstream », fut en partie un effet indirect de l’épuration maccartiste qui frappa Hollywood. En effet, parmi les techniciens inscrits sur les « listes noires » figuraient nombre de techniciens, émigrés allemands des années trente pour leur opposition au nazisme, ostracisés des grands studios pour leurs sympathies (parfois réelles, parfois supposées) progressistes et qui ne trouvèrent plus qu’à s’employer dans un genre, considéré comme mineur et donc moins surveillé : le film policier.

L’autre influence majeure de cette époque dans la création  de cette esthétique des films « noirs » fut le travail du photographe Weegee, personnage atypique et illustrateur de la vie nocturne et criminelle de New York. Les images de Weegee, violemment contrastées, représentaient pour le public de l’époque le summum du réalisme. Son influence est directement visible dans un des chefs d’œuvre de ce style « Naked City » de Jules Dassin, lequel fut d’ailleurs contraint de s’exiler définitivement en Europe suite aux pressions de la commission des activités anti-américaines.

Expressionnisme donc d’un côté, réalisme de l’autre, un cocktail qui devait aboutir à cette esthétique si particulière… »

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« Les mains pleines » – JR Hiebler

JRH, quel est l’objectif de cette série sur laquelle tu travailles depuis environ 2 ans et pour laquelle tu as déjà réalisé près de 100 clichés ?

Le projet « Série Sombre » n’est pas encore achevé et se continuera encore pendant au moins un an. C’est donc un « work in progress ».

Le projet consiste à produire des images, inspirée de la littérature et du cinéma policier dit « classiques » et à accompagner ces images d’un texte comme on en trouve dans les « quatrièmes de couverture » des romans policiers.

A l’issue, 50 images seront sélectionnées parmi celles réalisées et soumises à 50 auteurs de littérature policière pour que ceux-ci écrivent une « page arrachée », en s’aidant de l’illustration, du titre et du texte de quatrième de couverture.

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« Monsters from… » – JR Hiebler

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